Fanny Dénoix des Vergnes 14 lettres autographes et beau manuscrit Beauvais

Fanny DÉNOIX (1798-1879) ou Fanny Dénoix des Vergnes, écrivaine, poétesse.

Manuscrit autographe. 6 p. in-4.

Autopanégyrique de la « Muse de l'Oise ».

Il s’agit d’une biographie à sa gloire qu’elle rédige elle-même pour une encyclopédie.

Y sont relatés son parcours et ses sources d’inspiration. « Signalons un véritable tour de force. Notre muse imagine de suivre Eugène Süe dans Les Mystères de Paris, lesquels formaient le feuilleton des Débats. Chaque jour, toute prête avec deux cents vers au moins, elle n’a point failli dans l’entreprise pénible, dangereuse ; puis armée de 2 000 vers frappés vigoureusement, elle acheva le 10e volume d’un roman dont la vague fut immense ».

De même, on y apprend un certain nombre de ses faits et gestes principalement relatifs à la défense de l’ordre et de la patrie : « Le 15 mai 1848, à la Chambre constituante, Mme des Vergnes écrasée sous le pas de l’émeute, se relève héroïque, harangue les insurgés, les suspend à sa voix ; et, de son côté, les fougueux envahisseurs cessent de descendre dans l’assemblée ; puis elle court chez le ministre Crémieux pour faire incorporer dans la Garde mobile 800 de ces misérables qu’elle avait ramenés sous le vrai drapeau de la France ».

Elle déplore cependant une reconnaissance qui lui fait souvent défaut :

« Pourtant Mme Dénoix fut en relation avec des gens du trône, des gens de haut renom. M. de Chateaubriand qu’elle visita dans la prison, lui écrit : vous vivrez dans mes mémoires d’outre-tombe comme une femme généreuse, une femme de génie (…) Madame doit aussi léguer à son pays de précieuses lettres d’Abdel-Kader, (…) de Monsieur Garibaldi et d’autres papiers de valeur ».

Amère, l’écrivaine termine ainsi son manuscrit :

« Et pour tant d’efforts réunis que recueille-t-elle ? demandez-le à ses jalouses compatriotes, demandez-le à sa Majesté l’Empereur des Français ».

Il est joint : une correspondance de 14 lettres autographes signées (in-8, in-12) principalement adressées à l’éditeur et libraire, originaire de Beauvais, Jean-Baptiste Baillière (1797-1885). 1848-1878, 5 lettres sont non datées.

Jean-Baptiste Faillière, qu’elle nomme à plusieurs reprises son

« compatriote », se fait confident. Cette correspondance mêle évocations de son travail, envoi d’articles à publier, recherches d’éditeurs, etc., et donne quelques informations familiales.

Fort de ses succès dans le Moniteur universel, elle n’a pas dormi de la nuit et s’est mise « à rêver aux choses anti-poétiques, anti-littéraires » : elle cherche, bien qu’elle s’en défende, à marier sa fille avec un médecin qui reprendrait la clientèle de son mari âgé. Elle évoque un certain « M. L. » qui pourrait être le gendre idéal, elle le plaint « de [le] voir engagé dans une route de sots, de méchants et de gens communs ».

« Je suis seule pour traîner le poids de toute ma maison (…) Ne dites rien de tout ceci à personne et brûlez ma lettre ». Dans la suite de la correspondance, elle évoque enfin le mariage d’une de ses filles avec Joseph de Kermainguy.

Des bruits se sont répandus : « de grâce ne dites pas que c’est de moi que vous tenez ces détails, car elle me briserait mon enfant, et elle est capable de me faire enlever ».

Dans une autre lettre, elle parle de son livre Cœur et patrie

(1855) qui est reçu au concours de l’Académie française.

À propos de portraits photographiques réalisés à Paris et qu’elle n’a pas encore vus, elle se nomme « la Muse de l’Oise », surnom qu’on lui attribuait.

« (...) tous les étudiants du quartier de la science m’ont porté en triomphe ».

Elle envoie à un cher maître et cher poète (est-ce son ami le libraire ?) une notice sur Jeanne Hachette qui résista à l'attaque de Beauvais par Charles le Téméraire en 1472, en se plaignant du dédain porté à ses travaux « dans le beau Paris ».

Parmi les lettres non datées, elle fait mention des épreuves de Beauvais (1858).

« Je vous en prie, tâchez de me trouver le portrait de M. Eugène Süe, il est chez tous les libraires, ne dites pas cela à Paris, on se moquerait de moi ».

« Mon livre [Sans peur et sans reproche] est un volume de poésies très sérieuses, libre de pensée et très honnêtes, et l’on me dit que ce livre n’est pas celui du premier venu ».

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