Lettre autographe
signée d’Alexandre Willemain (1818-1890), médecin, inspecteur des eaux à Vichy
à partir de 1853, adressée à Madame et Monsieur Paul Schützenberger, ce dernier
étant chimiste.
Flaubert rencontra le docteur Willemain pendant l’hiver 1849-1850, en Égypte, où il était médecin
sanitaire (voir le Voyage en Orient, éd. Maurice Bardèche, CHH, volume 10, p.
451). Flaubert le reçu à Croisset en octobre 1863.
2 pages et demie in-8. Vichy, 16 mai 1871. Résidu aux quatre
coins de traces de colle à la dernière page pour montage.
Willemain se souvient de son séjour auprès de ses amis. Il
ne peut revenir pour l’instant, débordé de travail qu’il est. Il salue le
pharmacien et chimiste Hector Aubergier au passage.
« Chers
compatriotes et amis,
Il y a aujourd’hui
huit jours à cette heure j’arrivais à votre chaumière où, au milieu de cette
belle nature j’ai été si heureux de vous revoir.
Si cela est vrai,
pourquoi, diriez-vous, Madame, n’y êtes-vous pas retourné ? Parce qu’en
vérité, je ne l’ai pu, malgré tout mon bon vouloir. Je suis courbaturé, j’ai
mal à la gorge, résultat sans doute d’un refroidissement que j’ai parfaitement
ressenti. Et puis pour m’ôter toute
velléité de départ, les malades sont arrivés, et plus nombreux que jamais je ne
les ai vus à pareille époque. L’un deux, un Anglais, gouverneur des
Etablissement anglais en Chine m’a été adressé par son médecin de Bordeaux, qui
le recommande à toute ma sollicitude, et il la mérite par l’état grave de sa
santé.
Je dois donc renoncer
pour le moment à la réalisation d’un rêve qui m’était cher et qui me l’est
toujours, quoique vous en disiez Madame. Ro ??? m’a tellement plu que je
me (…) de l’espoir de m’y rendre à la fin de la (…) puisqu’aujourd’hui la route
m’en est fermée.
Ce que tiens à vous
écrire, c’est combien (…) heureux de votre visite. Le bouquet d’églantiers et
les fleurs des champs sont encore là dans la (…) où la vaillante fée les a
déposés : mais elle a disparu. Deux heures après votre départ, la poste
m’a apporté une lettre, deviniez de qui ? De votre père qui ne se doutait
pas, quand il m’écrivait la veille, que j’avais le bonheur d’être votre hôte.
Veuillez dire à Monsieur Aubergier [le pharmacien et chimiste] quand
vous le verrez, tout le regret que j’éprouve de n’avoir pas pu me rendre à la (…)
invitation.
Recevez, cher
confrère, une bien affectueuse poignée de main, et vous, Madame, agréez, je
vous prie l’assurance de mon respectueux attachement.
A Willemain
Je n’oublierai pas le
panier de Mlle Marie… et j’espère faire avec elle au mois de septembre de
longues promenades dans votre belle vallée ».
Envoi GRATUIT en FRANCE
Envoi SOIGNÉ