Antoine DEMILLY (1892-1964), photographe.
Correspondance de 25 lettres autographes signées « Tony » envoyées à son amie Perlette Chartier, libraire à Lyon, autrice de ses souvenirs : Jadis libraire, rue du Bât-d’Argent (Lyon, 1984).
Plus de 40 p. in-8. 1951-1962. Certaines lettres avec l’en-tête historique « Blanc et Demilly – Portraits », certaines sont ornées de petits dessins.
À la fin de sa vie, Antoine Demilly ne pratique plus la photographie. Il est empêtré dans des problèmes de santé. Il cite une fois son compère Blanc qui, apparemment, lui rend parfois visite et à qui il demande de retourner un livre à son amie.
Passant de cliniques en maisons de repos, il dévore la littérature dont il cite de nombreux auteurs, ses « vrais amis » : Camus, Chardonne, Jouhandeau, Apollinaire (« ma Bible »), de même que Cioran, John Perkins, Robert Pinguet et André Gide.
« J’ai une immense peine de la mort de Camus. Il a écrit les phrases les plus émouvantes de l’après-guerre ».
À propos de Chardonne : « il dit ce que j’ai dit souvent, il faut garder son âme d’enfant rieur dans toutes les circonstances de la vie !
Même dans les plus grandes misères, il faut toujours se réfugier dans un coin souriant. C’est ce qui m’a sauvé et qui me tient
encore ». De Romain Gary, La Promesse de l’aube : « oui, très bien, il y a de très bonnes pages » ; Françoise Sagan : « j’ai de la peine à accrocher ».