Jean CASSOU (1897-1986), écrivain, critique d’art.
Directeur-fondateur du musée national d'Art moderne à Paris (1945-1965),
directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études (1965-1970).
Où il est question de Joë Bousquet et de l’ésotérisme
juif.
Correspondance de 4 lettres autographes signées adressées
à l’écrivain, peintre et kabbaliste Carlo SUARÈS (1 892-1 976). 4 p. in-8 ;
1 p. in-4 ; 1 p. ¼ in-4 ; 3 p. ½ in-4. Deux lettres sont datées « 70 », 1 à
en-tête de l'École pratique des Hautes Études.
Correspondance amicale avec « Carlito » ou « Rabbi
» comme aime le nommer Jean Cassou. Tous deux échangent sur le sens de la
vie. Jean Cassou vient de lire des pages du Cantique de Carlo Suarès (texte
qu’il publiera quelques années plus tard) et son « Introduction» qui «
est un morceau de toi où tu as au plus près atteint ta synthèse » et il développe
son avis sur ce travail « qui donne le vertige (...) obligeant l’esprit à
une gymnastique extraordinaire ».
Il relit en ce moment « toutes les lettes [qu'il] possède
de Joë Bousquet en vue de la publication d’un choix d’un certain nombre d’entre
elles » (le livre paraîtra en 1 970). Il lui écrit qu’il est souvent
question de lui (Carlos Suarès). « Elles sont prodigieuses de profondeur et
de beauté » et insiste plusieurs fois « que tout ce passé est loin ! ».
Dans la 2e lettre (20.I.70), il revient sur ce travail de
relecture des lettres du poète s’interrogeant sur une certaine « Marthe ». «
Quelles sont belles ces lettres de Joë ! Quelle puissance d’aimer il y avait en
lui ! ».
Il revient dans la 3e lettre sur la fameuse « Marthe »
dont il ne se souvenait pas. On apprend, qu'en rapport avec cette personne,
Jean Cassou a supprimé tous les noms dans le texte : « Je pense que cette
note est nécessaire, explique une circonstance capitale du destin de Joë et en
même temps garde le secret, au moins indiquer qu’il y a un secret ». Il le prévient
qu’il parle de lui dans la préface et de son Cantique des Cantiques.
La 4e lettre [1971] évoque le retour de lecture de Carlo
Suarès du livre de Jean Cassou Le Voisinage des cavernes (publié en 1971 par Albin Michel). Il insiste : « la guerre de 14 est une erreur
historique et l’histoire de (?) est une erreur de toutes les erreurs, l’erreur
capitale ! Je pense que tu as sauvé mon Pape-Staline, incarnation de toute
autorité ».
Il a été content du l’article du Monde. Il conclut sa
lettre par un bel hommage à leurs « temps » qui se sont « entrelacés
et parallélisés et rejoints et noués ».
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