Le blog de CD Galerie

  • Autographes : exposition Madame de Sévigné. Lettres parisiennes

    Autographes : exposition Madame de Sévigné. Lettres parisiennes

     

    « Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696) » (vers 1645-1650) par Jean Nocret – Huile sur toile – Château des Rochers-Sévigné (Vitré)

    "Madame de Sévigné. Lettres parisiennes" au musée Carnavalet (Paris)

    L’exposition présentée au musée Carnavalet – Histoire de Paris, célèbre le 400e anniversaire de la naissance de Madame de Sévigné (1626-1696), l’ancienne locataire de cet hôtel particulier qu'elle intègre en 1677.

    Qualifiée au XIXe siècle de « Grand Homme de la Nation », Marie de Rabutin-Chantal de son vrai nom, doit avant tout sa renommée de son vivant - sa postérité est immédiate - à son talent d’écriture dans un art particulier, l’art épistolaire. Aimer écrire des lettres, c’est d'abord partager : donner et demander des nouvelles de ses proches, membres de sa famille et amis, évoquer des moments intimes, des inquiétudes notamment médicales dans son cas.

    Exemple de l'écriture de la marquise de Sévigné. Lettre datée de 1656 évoquant sa passion pour la poésie pastorale italienne.

    Dans le cas de Madame de Sévigné, grande dame de la noblesse, c’est aussi se faire la chroniqueuse du très faste siècle Louis XIV (le "Grand Siècle" !). Elle est une sorte de journaliste toujours en quête de nouvelles informations. Ses lettres sont donc aussi lues comme des sources directes d’un certain nombre d’événements politique de cette période. Mais, femme d’esprit sensible et perspicace, elle ne témoigne pas de manière professionnelle ou rébarbative. Elle y même souvent de l'ironie, se plaît souvent à lancer des piques à ses semblables, pratique même l’auto-dérision, étant obligée par son statut de « faire sa cour ».

    Signature de Marie de Rabutin-Chantal

    L’exposition débute par les "postérités" qui lui ont valu une renommée continue et nous invite ensuite à s'immerger dans la vie de cette femme qui deviendra veuve à l’âge de 25 ans. S’il n’y a très peu de lettres exposées – et on peut le regretter – en revanche sa vie, que l’on connaît grâce à  ses lettres, est illustrée. De nombreuses peintures, estampes et objets nous plongent dans son époque. C’est cette réalité qu’a voulu montrer l’exposition, donner chair à ses lettres, plus que de montrer leur importance littéraire.

    Sébastien Leclerc (1637-1714), Le Galérien, 1664, eau-forte et burin, Paris, Bibliothèque nationale de France.

    L'estampe de Leclerc est un bon exemple de l'illustration d'une des lettres de Madame de Sévigné dans l'exposition. Se promenant à Vincennes, elle croise entre 400 et 500 galériens enchaînés les uns aux autres se rendant à pied vers les galères de la Méditerranée. S'imaginant faire route avec eux, elle écrit alors à sa fille : "Que vous eussiez été agréablement surprise à Maseille de me trouver en si bonne compagnie". Elle témoigne ici d'une scène d'un intéressante scène de la vie ordinaire au cours d'une promenade et de l'effroyable condition des galériens. On remarque qu'elle ne s'en indigne pas, et même plutôt s'en amuse...

    Madame de Sévigné. Lettres parisiennes (15 avril - 23 août 2026)

    Continuer la lecture
  • A la recherche du photographe "R. H. Noailles"

    A la recherche du photographe "R. H. Noailles"

    À la recherche de renseignement sur le photographe « R. H. Noailles » (Robert Henri Noailles), dont certains beaux tirages avec au dos son cachet  « R. H. Noailles » se trouvent dispersés chez des marchands de photos et les brocanteurs, on tombe alors sur cet ouvrage qui n’est pas difficile à trouver :


    « De la fleur à la graine » qui date de de 1951, édité par Flammarion dans la collection « Le montreur d’images » du déjà célèbre, et même internationalement reconnu, « L’atelier du Père Castor » (Flammarion).

    Ce « Monsieur Noailles » comme l’appelle Jean-Michel Guilcher, le collaborateur de Paul Faucher à l'atelier du Père Castor, a participé à 7 livres entre 1947-1957, tous sur les plantes et les fleurs.


    Deux à trois ans pour faire une livre et des centaines de clichés.  On n’en saura pas davantage sur ce Monsieur Noailles, par ailleurs un homme charmant qui fut repéré par Jean-Michel Guilcher par une brochure sur le scoutisme. Né en 1895, il est mort en 1968.


    Cette nouvelle collection voulait s’adresser au public de 13-16 ans avec, pour la première fois, l’utilisation, non plus de l’image dessinée, mais de la photographie.

    Son titre, Le montreur d’images, résume son programme : la photographie « comme support de pensée », « comme une invitation à mieux regarder », « mieux découvrir ce que l’image à vocation à communiquer » (Jean-Michel Guilcher).

    La revue des livres pour enfants (n° 175-176 juin 1997).

    Vous pouvez trouver en vente sur le site des photographies d'époque de Robert Henri Noailles : ici.

    Continuer la lecture
  • Les portraits de Ruben Sobol

    Les portraits de Ruben Sobol

    Ruben Sobol est un des grands photographes de studio des « années folles ». Il aura « documenté » le monde des arts et du spectacle mais aussi réalisé de nombreux portraits d’inconnus.

     

    De facture classique si on peut ainsi définir le style de Ruben Sobol, il n’en reste pas moins que dans ses portraits d’anonymes de la bonne classe bourgeoise qu’il fréquente, notre œil est invariablement attiré par la qualité de ses tirages et sa manière de rendre intrigant son modèle.

    Né en Biélorussie en 1889, il arrive à Paris en 1911, est arrêté en 1944 par la police, conduit à Drancy, puis envoyé à Auschwitz où il meurt le 1er avril 1944.

    En 1980 et en 2020, la Bibliothèque nationale a reçu des donations de tirages.

    Continuer la lecture
  • Photographie : Un aller simple pour le Viêt-nam / Catherine Leroy

    Photographie : Un aller simple pour le Viêt-nam / Catherine Leroy

     

    Catherine Leroy

    Un aller simple pour le Viêtnam

    Atelier EXB, 2025

    Livre témoignage de cette jeune femme qui, à 21 ans, décide de devenir photoreporter et choisit de couvrir pendant deux ans le conflit vietnamien, le principal sujet d’actualité internationale qui intéresse l’Occident à l’époque.

    Son entourage ne comprend pas - le lecteur n’aura pas beaucoup plus d’informations - sauf cette volonté exprimée de se mesurer à métier réputé d'homme. 

    Ce désir finalement réalisé d’avoir vu la mort de près, vécu des expériences très particulière aux côtés des soldats américains, rédigé des légendes et des reportages de presse sont le cœur de l’ouvrage. S’intercalent dans l’ouvrage aux photographies de guerre, les nombreuses lettres qu’elle envoie à ses parents dont on imagine une proximité faite d’un amour pudique. Tel un journal, on suit presque au jour le jour son itinéraire dans la péninsule.

    Quelles impressions retire-t-on de cet espace-temps intense ? Que ce fut une journaliste professionnelle qui aima son travail, demeura, et ses lettres le prouvent, dans une démarche factuelle. Elle raconte, elle témoigne. Pratiquement pas de sentimentalisme, pas d’opinions. Elle laisse cela aux rédacteurs en chef des magazines américains ainsi qu'aux lecteurs. Et notamment lorsque la magazine Look prend position en mai 1968 contre la guerre. On remarque en passant qu’aucun organe de presse ne l’a identifiée comme journaliste d’exception. La reconnaissance viendra des Etats-Unis.

    A propos des images de guerre proprement dites, elles sont d’une très haute qualité (et, dans l'ouvrage, magnifiquement imprimées ce qui rend le livre très beau, très bien fait à l'image tout ce que fabrique l'Atelier EXB), d’un intérêt documentaire évident, mais n’échappent pas, comme tant de reportages de cette nature, hier comme aujourd'hui, à une "esthétisation" de la guerre qui ne manque pas de déranger.

    Continuer la lecture