Léon BLOY (1846-1917), écrivain.
Lettre autographe signée adressée au journaliste Georges RÉMOND (1877-1965).
Paris, 28 novembre 1898. 4 p. in-8. Cachet
de collection à deux endroits.
Marié à la Danoise Johanne Charlotte
Molbech, les époux partent s’établir une seconde fois au Danemark.
Alors qu’« une puissance infiniment
adorable voulait que nous restassions à Paris tout le mois des Morts », ils
vont partir sans doute la semaine prochaine. Léon Bloy évoque leurs problèmes financiers
(« nous avons épuisé tous les expédients »).
« Tout dépend de Dieu et de son instrument
Georges de Prolles qui ne peut recevoir avant la fin du mois l’argent sur
lequel il compte pour me délivrer ». Il est
néanmoins confiant et met le compte de ces retards « pour la gloire de Dieu
et le plus grand bien de ceux qui cherchent son règne ».
Bloy vient de relire la dernière lettre de
Georges Rémond : « Les horreurs de la caserne que j’ai à peine connues,
grâce à dieu, suffisent à ma conception personnelle de l’enfer. L’enfer, imprévu
pour le Moyen-Âge, de l’ennui sans mesure et du dégoût infini ».
Il espère qu’il a de quoi s’informer par
des journaux : « en prenant le contrepied vous sauriez à peu près ce qui se passe ».
« Les catastrophes les plus sanglantes sont proches inexprimablement proches et
la fameuse affaire aujourd’hui simplifiée de la manière la plus effrayante se
présente ainsi : l’opinion publique ou le fusil Lebel. La solution,
imminente est à faire chavirer les âmes. Mais dieu sait ce qu’il fait de moi je crois savoir comment le siècle
finira ».
Il lui rappelle qu’il peut lui être demandé
de le suivre ou du moins à être prêt à le suivre. « Vous ne priez pas, hélas
! ou si vous priez quelque fois c’est en-dehors de l’obéissance. Vous pensez – j’ai pu
observer cette monstrueuse folie – qu’il y a des cas où on est dispensé d’obéir ».
L’écrivain mentionne ensuite Rouzée qui a désormais
un avenir pour sa vieillesse. « Vous savez, je crois, qu’une enquête est
poursuivie à fin de savoir qu’il a vraiment carotté 15 000 fr à un vieille
infirme ». Rouzée a été confronté à de Prolles et rapporte des propos de
Rouzée pour sa défense : « on me reproche d’un un avare a-t-il gémi, mais
c’est parce que j’emploie toutes mes ressources en bonnes œuvres (…) ».
Envoi GRATUIT en FRANCE
Envoi SOIGNÉ